Bénin – 4è congrès de l’ODHP: ce qu’il faut retenir du communiqué final

Le quatrième congrès ordinaire de l’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples (ODHP) fait désormais date, dans les annales de l’histoire du pays.

Annoncé à travers un communiqué en date à Cotonou du 22 Octobre 2020 et signé de Me Aboubakar BAPARAPE, président de l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme et des Peuples, le 4è congrès ordinaire de l’ODHP a eu lieu le 31 Octobre dernier.

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Placé sous le Thème “Plus jamais ça”, ce quatrième Congrès Ordinaire de l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme et des Peuples est co-organisé avec la diaspora béninoise.

Le thème de cette édition « Plus jamais ça », pour dire que l’humanité entière est vent debout partout contre les injustices sociales, les abus de toutes sortes pour dire: ” Toute vie humaine compte”.

A l’issue des travaux, plusieurs résolutions ont été prises par les congressistes. Ces résolutions contenues dans le communiqué final se présentent comme suit:

Communiqué final du 4è congrès ordinaire de l’ODHP

L’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme et des Peuples (ODHP) a réuni, ce samedi 31 Octobre 2020, son 4ème congrès ordinaire à Cotonou (Chant d’Oiseau) sous le thème : « PLUS JAMAIS ÇA ! ». 

Ce 4ème congrès est co-organisé avec les Béninois de la diaspora rassemblés au sein de la Coordination Générale de la Résistance dans la Diaspora (CGRD) et du Collectif pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB).

Sur tous les sites du congrès, de Parakou à Montréal et Washington  en passant par Lokossa, Cotonou et Paris, un seul mot d’ordre aux lèvres des participants : Plus jamais ça! Après la minute de silence en mémoire des militants et responsables disparus avant ce congrès, Fidèle Quenum, Zacharie Lalèyè, Ignace et Phillibert Sabi Yérima, Faustin Sossoukpèetc.,  le mot de bienvenue du président du comité d’Organisation, Monsieur Denis SINDETE, la parole a été donnée aux invités. 

Sur tous les sites du congrès, de Parakou à Montréal et Washington  en passant par Lokossa, Cotonou et Paris, un seul mot d’ordre aux lèvres des participants : Plus jamais ça! 

Après la minute de silence en mémoire des militants et responsables disparus avant ce congrès, Fidèle Quenum, Zacharie Lalèyè, Ignace et Phillibert Sabi Yérima, Faustin Sossoukpè, etc.,  le mot de bienvenue du président du comité d’Organisation, Monsieur Denis SINDETE, la parole a été donnée aux invités. 

Au démarrage comme tout au long de la cérémonie d’ouverture et des travaux revenait dans la ferveur militante une animation par des jeunes : « Ni oubli Ni pardon pour nos disparus !», ou encore « Non à l’impunité, Kérékou et ses émules tortionnaires à la barre ! » ; « Justice pour Prudence Amoussou, Justice pour Kandissounon Djayane, Justice pour Atchaka Parfait, Justice pour Luc Togbadja !», « Talon et son associé Boco à la barre », etc. Sans omettre la nécessité de la libération des détenus politiques et du retour des exilés politiques.

La parole sera ensuite donnée au président de l’ODHP, Me. Aboubakar BAPARAPE pour ouvrir le congrès. Il fait l’historique des droits de l’Homme et des peuples avant de montrer qu’ils sont l’œuvre des conquêtes successives au niveau de chaque peuple et du monde pour revenir à «… quelle est la cause du retour du despotisme dans notre pays ? 

La cause essentielle du retour du despotisme réside dans le fait que l’on n’a pas soldé les comptes du premier : à savoir, évaluer et faire le bilan public des crimes tant politiques qu’économiques du pouvoir de Kérékou-PRPB, en déterminer les auteurs et sanctionner les responsables.

Les acteurs principaux de cette épopée, de l’époque, héros et martyrs, devraient pour une éducation et armement moral du peuple, pour une formation à l’héroïsme et à la générosité, être réhabilités et honorés, pour en faire des exemples, des modèles à suivre pour l’instauration d’une tradition démocratique et patriotique contre toute autocratie.

Non seulement cela n’a pas été fait mais on s’est même permis le luxe de blanchir le principal Criminel, Mathieu Kérékou en lui accordant une immunité personnelle par la loi 91-013 du 12 avril 1991 portant immunité personnelle du Président Mathieu Kérékou.

C’est comme si l’on le décore pour services rendus. Et cela au nom de la paix ! Kérékou, est ainsi devenu le Héros chanté même par des artistes. Dans le sens contraire ceux qui en ont les victimes sont diabolisés, les Pascal FANTODJI, Fidèle Quenum, Philippe Noudjenoumè, Jean Kokou Zounon, Agnankpé Luc, Kouessi Gilbert, Baparapé Aboubakar, Waounwa Thérèse, Mama Yari Moussa, Faradito Paul, Sandjougouma Séro Jean Pierre, Kassa Mampo GilbertSindété Denis, etc. ont été traités de tous les noms, « intolérants, violents », etc.

Conséquence : une déformation de l’histoire, tendant à créer une amnésie collective surtout au sein des jeunes générations. Posez la question à un citoyen de moins de cinquante ans : « Qui sont ceux qui ont amené la démocratie ?», il vous répondra automatiquement ce sont « Mgr De Souza, Kérékou, Dossou Robert » ; en fait les tortionnaires et complices. 

L’impunité est ainsi érigée en règle de conduite du nouveau Régime, et avec ses corollaires, le mensonge, la fraude et la corruption généralisée. Ce qui entraina le retour du Tortionnaire Mathieu Kérékou qui dirigera ce pays pendant dix autres années de 1996-2006.  Les acteurs de ce moment lugubre ont pignon sur rue de la démocratie, occupant de hautes fonctions d’Etat.  

En disant « Plus jamais ça ! », notre engagement est de nous battre pour rejeter cette nouvelle autocratie et ensuite que les choses de ce genre ne se reproduisent plus jamais dans notre pays. Que l’histoire soit restituée ; que les héros et martyrs soient honorés !

Notre engagement qui s’exprime en exigence immédiate c’est que les droits de l’homme soient respectés dans notre pays ; que les détenus injustement condamnés soient libérés, que les exilés politiques reviennent, que l’on fasse le point des morts dans les différents conflits de 2019, et que les commanditaires soient sanctionnés. Enfin, il n’y a pas de démocratie véritable sans l’expression plurielle des opinions politiques et la libre participation de tous les citoyens aux affaires publiques. 

Tel doit être notre

Tel doit être notre Engagement de nous battre et de vaincre.

Et dans ce combat, la Victoire est certaine !… ».

Après ce brillant discours qui situe le pourquoi d’une nouvelle autocratie au Bénin et comment en venir à bout, les participants ont eu droit aux témoignages des victimes sous la dictature de Kérékou et sous la dictature de Talon.

Ainsi, à Cotonou, ont été entendus les témoignages de Thérèse Waounwa, Albert Gandonou, Gilbert Kouessi, Joseph Aïmassè, Léocadie Kakpo (sœur aînée de feu Amoussou Prudence), Philippe Noudjènoumé, Dossou Romain, etc. Sur le site de Paris, on note les témoignages suivants : Fatouma Amadou Djibril, Valentin Djènontin. Sont également intervenus, Messieurs Missinhoun Rigobert, Francis Laloupo (Maître de la cérémonie à Paris), Doris Bossoudaho, Justin Azankpo, etc.

Le congrès a été très honoré des exhortations de Mme J. Maria Nascimento, Présidente de la Section France du Collectif des Mouvements Fédéralistes Panafricains et Représentante de la Coordination des Entités Noires du Brésil. Du côté de Washington, Vital Panou, Atchadé Djossè.

Ce dernier a soumis une proposition de création d’un musée des droits de l’Homme. Partout, les interventions ont convergé dans le même sens: Les droits de l’homme sont bafoués au Bénin et il importe par conséquent que les tortionnaires soient châtiés afin que cesse l’impunité des crimes politiques et de sang au Bénin.

Sur les sites de Lokossa et Parakou, les témoignages ont conduit aux mêmes constats et exigences. Après le retrait des invités, les congressistes, venus de tous les départements, ont observé une pause, avant de reprendre les travaux proprement dits vers 15h.

La première étape de ces travaux fut la présentation du rapport moral et du rapport d’activité suivis des débats. Les amendements et l’adoption des textes proposés ont été faits. Après ces débats, des motions et résolutions ont été prises notamment :

Motions contre les lois scélérates, contre l’impunité, contre la torture, contre les exécutions extrajudiciaires, contre les tentatives d’assassinat empoisonnement d’opposants politiques, pour la création d’un musée des droits de l’homme, etc. Une plate-forme revendicative a été prise également.

Les congressistes ont par ailleurs retenus d’actualiser et /ou d’éditer Le livre blanc sur la torture au Bénin, La nomenclature des tortionnaires, le Rapport Mayaba. Les travaux ont pris fin par la démission du bureau sortant de l’odhp. Alors, après l’installation du présidium à cet effet, un nouveau bureau a été élu et sera conduit par Me. Aboubakar Baparapé  pour un mandat de cinq (05) ans.

Dans une ambiance conviviale et de ferveur militante, les congressistes se sont séparés avec l’engagement de poursuivre le combat pour la défense des droits de l’Homme et des peuples afin que cessent l’impunité, la torture et que les victimes soient réhabilitées, immortalisées et indemnisées ; que les tortionnaires quels qu’ils soient se retrouvent devant les tribunaux pour répondre de leurs crimes.

Et alors, ce sera « Plus jamais ça ! », avec un pouvoir débarrassé de l’arbitraire politique et capable de garantir au peuple le bien-être social dans le respect des droits civils, économiques, sociaux, culturels et politiques.

Pour finir, le congrès a mandaté le bureau exécutif entrant pour mettre en œuvre les tâches définies. Il a adressé ses remerciements et félicitations à tous les participants, à tous les organisateurs, à tous les généreux donateurs au Bénin et dans la diaspora, aux invités, à tous les techniciens, à tous ceux qui de près ou de loin ont contribué au succès éclatant du 4ème congrès qui fera date dans les annales de l’histoire de notre pays.

En avant pour les combats qui mettent fin à l’impunité des crimes politiques et de sang, tel a été le signal de l’engagement des congressistes.

Cotonou, le 31 octobre 2020

Le 4ème  Congrès

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