L’école, désormais un lieu d’insécurité au Cameroun?

Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), plus de 800.000 enfants sont privés d’éducation au Cameroun à cause de la crise anglophone.

Malgré le dialogue national initié par le gouvernement camerounais en 2019, la crise anglophone, l’un des problèmes majeurs du pays, reste toujours d’actualité. Dans les régions anglophones du Cameroun, les conséquences sont particulièrement désastreuses. Depuis 2016, plus de 3 000 personnes ont été tuées et plus de 500 000 autres, contraintes de se réfugier dans les forêts environnantes, au Nigeria voisin et dans les provinces francophones du Cameroun.

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Sur le plan éducatif, c’est la catastrophe. L’appel au boycott des écoles est toujours de mise dans les régions anglophones. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), plus de 800.000 enfants sont privés d’éducation, à cause de la guerre civile dans les régions anglophones, où les établissements sont pris pour cible.

L’école, un lieu d’insécurité au Cameroun?

Dans les régions anglophones du Cameroun, les écoles semblent être les lieux les plus menacés par l’insécurité grandissante. Ces lieux du savoir sont couramment ciblés par des attaques, dont les conséquences sont affreuses et déplorables. Samedi 24 octobre 2020, des groupes armés non-identifiés ont pris pour cible le collège Mother Francisca International Bilingual Academy, à Kumba dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. Habillés en civil et arrivés à motos, ils ont tiré sur les élèves, faisant huit (08) morts et une douzaine de blessés.

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Début novembre, l’Etat camerounais a annoncé que quatre écoles avaient été attaquées et six enseignants ont été enlevés en deux jours en zone anglophone, en proie à un sanglant conflit entre rebelles séparatistes et forces de sécurité. En 2019, un professeur d’Histoire-Géographie a été décapité et sa tête exposée dans une rue de Bamenda (Nord-Ouest).

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Le gouvernement et les séparatistes se pointent du doigt

A qui faut-il imputer la responsabilité de cette crise qui déchire le Cameroun depuis plus de 04 ans? Pour le gouvernement, ce sont les séparatistes qualifiés de « terroristes » qui sont derrière les attaques répétées dans les zones anglophones. A leur tour, les séparatistes pointent un doigt accusateur vers l’armée camerounaise.

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Malheureusement, ce sont les civils, qui pourtant ont droit à la liberté, à la vie et à l’éducation, en payent le prix fort. Malgré les appels de l’ONU et de l’UA, la crise ne fait que s’aggraver. Selon plusieurs témoignages, de nombreux citoyens vivent sous le choc et dans la psychose, dans une société où des actes de viol et de vandalisme font désormais partie du quotidien de tous.

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