CPI: l’avocat britannique Karim Khan élu pour remplacer Fatou Bensouda

Les États membres de la Cour pénale internationale ont élu vendredi l’avocat britannique des droits de l’homme Karim Khan comme nouveau procureur général de ladite Cour. Il remplacera la gambienne Fatou Bensouda à la fin de son mandat en juin prochain.

Bensouda est désormais fixée sur celui qui prendra sa place en juin de cette année. Le 16 juin précisément, l’avocat Khan, 50 ans, devrait commencer son mandat de neuf ans et diriger des dossiers, des plus simples au plus compliqués. Les Etats membres de la CPI en sont venus à l’élection par manque de consensus pour faire un choix parmi trois candidats.

Khan n’a pas réussi à recueillir la majorité au premier tour, mais a remporté le deuxième tour avec 72 voix. «La vaste expérience de Karim en droit international sera essentielle pour garantir que nous tenons les responsables des crimes les plus odieux à rendre des comptes et à obtenir justice pour leurs victimes», a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab sur Twitter.

Karim Khan

L’avocat Karim Khan est connu pour être à la tête d’une enquête spéciale de l’ONU sur les crimes commis par l’État islamique, au cours de laquelle il a mis son poids derrière un procès similaire aux procès de Nuremberg pour criminels de guerre nazis.

Au cours d’une carrière qui s’étend sur plus de 27 ans, Khan, qui est également avocat de la reine, a travaillé pour presque tous les tribunaux pénaux internationaux dans des rôles de poursuite et de défense, ainsi que d’avocat pour les victimes. Il représentait également Seif al-Islam, le fils de l’ancien homme fort libyen Moammar Kadhafi.

Les tâches difficiles

Les premières tâches du nouveau procureur consisteront à décider des prochaines étapes de l’enquête sur les crimes de guerre en Afghanistan et de l’enquête extrêmement controversée sur le conflit israélo-palestinien de 2014 à Gaza.

L’administration du président américain de l’époque, Donald Trump, a frappé Bensouda et un autre haut responsable de la CPI l’année dernière avec des sanctions, notamment une interdiction de voyager et un gel des avoirs, après avoir lancé l’enquête qui comprend des crimes de guerre américains présumés en Afghanistan.

CPI, bilan mitigé sous Bensouda

Bensouda a eu un bilan mitigé alors même qu’elle élargissait, certains analystes disent qu’elle avait dépassé, la portée de la cour. Sous sa direction, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a été innocenté des crimes contre l’humanité, tandis que l’ancien vice-président de la RD Congo Jean-Pierre Bemba a été acquitté en appel. Kenyatta du Kenya a également vu les accusations de crimes contre l’humanité sur effusion de sang électorale abandonnées par Bensouda.

Mais Bensouda a récemment obtenu des condamnations très médiatisées contre un enfant soldat ougandais devenu commandant de l’Armée de résistance du Seigneur Dominic Ongwen et le chef de guerre congolais Bosco «Terminator» Ntaganda. On lui attribue également l’amélioration du bureau du procureur par rapport à son prédécesseur Luis Moreno-Ocampo, dont le leadership a été qualifié d ‘«autocratique» dans une enquête ordonnée par la CPI dans l’affaire Kenyatta.

La CPI est la seule cour permanente pour les crimes de guerre au monde, après des années où la seule voie d’accès à la justice pour les atrocités commises dans des pays comme le Rwanda et l’ex-Yougoslavie était des tribunaux séparés. Paralysée dès le départ par le refus des États-Unis, de la Russie et de la Chine d’adhérer, la Cour a depuis été critiquée pour avoir principalement pris en charge des affaires de pays africains plus pauvres.

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