Indignation en Inde: un juge propose à un violeur d’épouser sa victime mineure

Le président de la Cour Suprême indienne, le juge Sharad Arvind Bobde, a conseillé à un prévenu accusé de viol sur mineure, d’épouser sa victime pour éviter de passer par la case prison. Une proposition qui a suscité l’indignation dans le pays.

Plus de 5000 personnes exigent la démission du président de la Cour suprême d’Inde pour avoir proposé, au cours d’une audience, à un violeur présumé d’épouser sa victime mineure pour éviter la prison, selon des défenseurs des droits des femmes mercredi. Le juge Sharad Arvind Bobde examinait lundi une requête de mise en liberté sous caution d’un technicien du gouvernement accusé d’avoir violé une écolière lorsqu’il a déclaré au suspect: « Si vous voulez l’épouser, nous pouvons vous y aider. Sinon, vous perdez votre emploi et allez en prison ».

Ce fonctionnaire âgé de 23 ans est accusé d’avoir harcelé, ligoté, bâillonné, violé à une dizaine de reprises une jeune fille mineure scolarisée, dont il était un parent éloigné, puis de l’avoir menacée de la tremper dans de l’essence et de l’incendier, de lui jeter de l’acide ou de tuer son frère, si elle le dénonçait. La jeune fille avait tenté de se suicider. La Haute Cour de Bombay avait rejeté la demande de remise en liberté sous caution du fonctionnaire.

« Vous avez cherché à la condamner à une vie de viol »

Cette proposition a aussitôt suscité une levée de boucliers parmi les défenseurs des droits des femmes qui ont rédigé une lettre ouverte appelant à la démission du juge Bobde, signée par plus de 5200 personnes, a déclaré la défenseure des droits des femmes, Vani Subramanian. « En suggérant que ce violeur épouse la victime, vous, le juge en chef de l’Inde, avez cherché à (la) condamner à une vie de viol en la livrant au bourreau qui l’a conduite à essayer de mettre fin à ses jours », peut-on lire dans la lettre ouverte adressée au juge Bobde.

Le bilan de l’Inde en matière de violence sexuelle fait l’objet d’une attention internationale accrue depuis le viol collectif d’une étudiante, également torturée, dans un bus de Delhi en 2012 et décédée des suites de ses blessures. Cette affaire avait généré une vague de manifestations dans tout le pays et suscité une vive émotion dans le monde.

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