France: un brancardier se fait passer pour un étudiant en médécine

En France, un brancardier âgé de 20 ans s’est fait passer pour un étudiant en médecine à l’AP-HP. Il a assuré des gardes, prescrit des médicaments et a même pu avoir accès au bloc opératoire lors d’interventions chirurgicales avant d’être repéré par des médecins. Le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) a lancé une enquête.

Il s’agit d’un ancien brancardier des hôpitaux de Paris que les services de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’administration de l’Université ont démasqué en février dernier.

Ils se sont rendus compte qu’il a prescrit des médicaments à des patients et est rentré dans le bloc opératoire lors d’interventions chirurgicales. Le parquet des Hauts-de-Seine a été saisi le 19 février dernier.

«Il a ouvert une enquête préliminaire et saisi la Brigade parisienne de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) ».

Il s’est joué de l’université et de l’hôpital

Le jeune homme a commencé à se faire passer pour un étudiant de la fac de médecine de Paris-Descartes (Paris V) dès la rentrée universitaire 2020. Or, il avait été recruté par l’AP-HP comme brancardier sur le site du CHU de Saclay (Essonne).

Avec une fausse carte d’étudiant, il a dupé l’administration de l’université Paris V. Il lui a juste fallu prétendre avoir effectué sa première année préparatoire (Paces), obtenu son concours et effectué sa deuxième année (PCEM2) à la faculté de médecine de Rouen.

Le trompeur s’est aisément fondu dans la masse des futurs médecins « en nouant des relations amicales au sein de sa fac et en intégrant plusieurs associations étudiantes. Il n’a pas participé aux partiels de sa faculté organisés en présentiel début janvier en prétextant avoir été atteint du Covid-19».

Le faux étudiant en médecine effectuait un stage à l’hôpital Saint-Anne spécialisé en psychiatrie lorsque des médecins lui ont mis la main déçu. Lors de son passage dans le centre hospitalier, le brancardier s’est fait ami à des patients et leurs familles en se faisant passer pour un médecin et leur a fourni de fausses informations.

« Pire, le jeune homme a prescrit à plusieurs reprises des neuroleptiques à des patients (chlorpromazine), comme le confirme un message d’alerte envoyé par l’AP-HP à ses cadres ».

Pour faire usage du logiciel Orbis afin de prescrire des médicaments, le jeune garçon avait à sa disposition « de codes et identifiants subtilisés à des praticiens. Le faux étudiant en médecine a également assuré des gardes et pénétré à plusieurs reprises dans le bloc opératoire de l’hôpital Cochin et assisté à des interventions en se présentant comme externe ».

Démasqué

Entre novembre et décembre 2020, le jeune homme a publié sur son profil Facebook, des photos prises lors d’interventions. Sa blouse de faux étudiant lui a été retirée mi-février.

« Convoqué pour un faux prétexte par le doyen de l’université Paris-Diderot en personne, l’étudiant avait apporté toute une série de faux justificatifs ».

Le Brancardier n’a pas fait l’objet d’une interpellation sur le champ. Il a donc récidivé après son signalement à la justice, selon une source proche du dossier.

Sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale, l’AP-HP a finalement identifié cet individu et dénoncé ces agissements au parquet de Nanterre.

Les hôpitaux de Paris ont récemment prévenu « l’ensemble des cadres hospitaliers ».  

Ils ont fait circulé à l’interne un message contenant les faits, la photo, l’identité du brancardier et une consigne pour lui interdire tout accès à leurs services.

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