« Reckya, je ne te lâcherai pas, et tu le sais », Joël Aïvo

L’agrégé de droit, le professeur Joël Aïvo, est encore sous le coup de l’arrestation de la candidate des démocrates interpellée par la police alors que les deux étaient ensemble dans une activité politique.

Dans une publication ce vendredi sur sa page Facebook, l’ex-doyen de la faculté de droit et sciences politiques décrit la sérénité et le courage dont sa compatriote à fait montre lorsque la présence des policiers leur a été annoncée.

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 » À 18h50, la nouvelle tombe. Mme Barkatou SABI-BOUN, ma Directrice de cabinet monte à la tribune sur l’estrade et me dit : « Président, il paraît qu’un fort détachement de la Police républicaine est à la sortie pour vous arrêter », rappelle le constitutionnaliste.

À sa grande surprise, poursuit-il, « je lui ai répondu : « C’est parfait. Allons-y, je suis prêt ».

« Quelques minutes plus tard, Franck OKE, un de mes jeunes conseillers juridiques qui venait d’échanger avec les policiers vient à son tour me souffler à l’oreille : « Fofo, la police est dehors et aurait reçu pour ordre de t’arrêter ». Je lui ai dit, Franck, « pas de problème je suis-là », a précisé Joël Aïvo dans son post.

Immédiatement, le Ministre Saliou AKADIRI m’envoie un papier sur la tribune qui me confirme mon arrestation imminente. A cet instant, je me tourne vers Reckya MADOUGOU, lui souffle l’information et lui montre le papier que venait de m’envoyer le Ministre AKADIRI.

Reckya MADOUGOU me dit, selon le récit de Joël Aïvo : « Pourquoi, qu’est-ce que tu as fait ? », je lui ai dit : « Toi aussi, sans doute pour l’ensemble de mon œuvre politique pour la démocratie ».

Il est vrai, dans le contexte actuel, depuis le « dialogue Itinérant », depuis un an, j’ai dû préparer mes enfants, ils sont encore tous petits, que mes opinions pouvaient me coûter ma liberté et que je pouvais ne pas rentrer un soir », précise-t-il dans sa publication

Au moment où tout le monde nous proposait de nous exfiltrer par une porte dérobée, continue-t-il dans son récit, nous avons dit ensemble : « Jamais », mais d’un « jamais » ferme.

Reckya MADOUGOU se lève pour attacher son bout de pagne à la hanche et me dit : « Joël, allons y ».

Nous avons donc décidé de sortir normalement non pas pour affronter la police mais pour assumer nos opinions et nos actes. Nous avons donc décidé avec Reckya MADOUGOU et Nadin KOKODÉ de nous tenir par les bras pour fendre cette foule immense, surexcitée et décidée à nous protéger et à nous défendre.

« Une fois sur le pont, le fameux pont de Porto-Novo, quand je me suis retrouvé éjecté de la voiture, seul, abandonné par la Police au milieu de l’embouteillage, j’ai compris que la Police a fait diversion en faisant croire qu’elle est venue m’arrêter alors que son plan visait mon amie, ma sœur.« , rapporte le constitutionnaliste.

Il finit son récit en affirmant qu’il a été impressionné par le sang froid et le courage de Reckya MADOUGOU durant cette épreuve. « Reckya, je ne te lâcherai pas, et tu le sais« , conclut-il comme pour se lancer un défi.

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