France – Procès du bombardement de Bouaké: «La Côte d’Ivoire, c’est une question qui concerne les militaires»

Le procès en leur absence, des mercenaires qui ont piloté les avions ivoiriens qui ont bombardé une base militaire française à Bouaké en Côte d’Ivoire, s’est ouvert et plusieurs anciens ministres français devraient être écoutés à la barre lundi et mardi.

Quinze mercenaires biélorusses avaient été arrêtés le 7 novembre 2004 à Abidjan en Côte d’Ivoire puis 8 autres à Lomé au Togo le 16. Tous relâchés, faute, officiellement, et ce depuis 16 ans, de base légale pour les transférer en France. Les personnes arrêtées étaient toutes soupçonnées de faire partie d’un groupe dont certains ont piloté les avions de chasse qui bombardé le camp militaire français de Bouaké en Côte d’Ivoire en novembre 2004 (9 soldats français et un civil américain tués).

Le procès ouvert aux assises en France depuis environ une quinzaine de jours, sans les mises en cause, va connaître une toute autre tournure lundi et mardi car plusieurs ministres de l’époque devraient être entendus en tant que témoins. Dominique de Villepin (Intérieur), Michèle Alliot-Marie (Défense) et Michel Barnier (Affaires étrangères) sont entre autres les responsables convoqués. L’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin est également attendu à la barre, rapporte France Inter.

Le témoignage de Barnier

Premier à se jeter à l’eau devant les juges de Paris, Barnier a rejeté toute responsabilité liée aux événements, du bombardement du camp au relâchement des présumés coupables. Il a affirmé à la barre de la Cour d’assises de Paris être resté écarté des décisions françaises, son ministère ayant surtout géré l’évacuation massive des milliers de Français partis du pays pour fuir les manifestations antifrançaises, rapporte Africa Radio.

Voilà « où se trouvent mes responsabilités », a-t-il dit. Il a expliqué que dès son arrivée au Quai d’Orsay en 2004, Jacques Chirac lui avait « dit de manière très claire, catégorique: ‘la Côte d’Ivoire, c’est une question qui concerne les militaires’ ». « J’ai compris à ce moment-là que toute question liée à ce pays se réglerait au niveau du chef de l’État et des autorités militaires ». Et « ça n’a pas changé après ».

Le mystère de Bouaké

L’ancien ministre français des affaires étrangères ne s’est pas non plus retenu de souligner le fait d’être  également resté à l’écart dans ce qui reste l’un des principaux mystères de la gestion de l’affaire de Bouaké par le gouvernement français. Le gouvernement, sous Jacques Chirac, a refusé à l’époque, par deux fois de retenir et interroger des mercenaires bélarusses soupçonnés d’être impliqués dans le bombardement et arrêtés. L’un des mercenaires identifié comme le pilote qui a bombardé le camp français, jugé en absence comme les deux autres accusés du procès, deux officiers ivoiriens.

« Je n’ai aucun souvenir d’avoir donné une quelconque instruction pour libérer ces personnes », a déclaré Michel Barnier, qui n’a « pas le souvenir qu’on (lui) ait transmis des télégrammes » en ce sens. Dans la matinée, l’ambassadeur français de l’époque en Côte d’Ivoire, Gildas Le Lidec, avait pourtant indiqué avoir reçu, « dans les 24 heures » après qu’il a demandé ce qu’il fallait faire des Bélarusses arrêtés par les militaires français à Abidjan, « un télégramme du ministère des Affaires étrangères disant de libérer immédiatement ces ressortissants », ce qui fut rapidement fait, rapporte Africa radio.

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